Olivier Théreaux Olivier Théreaux 1 Sep 2010

Touche à tout

Un article publié ce matin dans New York Times, intitulé « To Win Over Users, Gadgets Have to Be Touchable» note la rapidité avec laquelles les interfaces tactiles ont été adoptées par les consommateurs, à un point tel que beaucoup se retrouvent frustrés lorsqu’un appareil ne réagit pas, tel qu’attendu, à un balayage ou pointage du doigt.

Finger Prince by opusinfinity, on Flickr

C’est ce que Sony a découvert, lors de tests avec des consommateurs:

The latest is a new line of Sony e-readers that the company will introduce Wednesday. For the first time, all have touch screens; Sony decided on the technology after watching person after person in focus groups automatically swipe the screen of its older, nontouch e-readers.

Cette tendance a ses implications, outre dans le design des nouveaux appareils, mais aussi dans le design d’interfaces. Depuis plusieurs mois, notre travail de design a dû évoluer avec cette nouvelle tendance. C’est le cas bien sûr pour le design d’interfaces dans notre travail sur des services ubiquitaires, puisque la plupart des appareils mobiles contemporains sont tactiles. Mais c’est aussi le cas pour notre design d’interfaces Web en général.

Depuis des années, le design Web a pris pour habitude d’offrir des interactions particulières à une utilisation d’une souris. Lorsque le visiteur passe le pointeur sa souris sur certaines zones (le fameux “hover” ou “mouse over”), de nombreuses fonctions peuvent être déclenchées: offrir de l’information contextuelle, ouvrir un menu, indiquer la présence d’un hyperlien ou la possibilité d’agir avec le contenu ou l’interface.

Tout cela change avec la multiplication d’appareils connectés au web dont la principale interface utilisateur n’est plus une souris et son pointeur, mais un écran tactile. Exit la possibilité pour le visiteur de traîner sa souris comme on traîne le regard à la recherche d’information. Même si elles ont toujours leur utilité comme petit “plus” pour les utilisateurs avancés (avec un ordinateur et une souris ou un trackpad, les fonctions de “:hover” ont fait long feu, et comme l’écrit Andy Croll, beaucoup d’interfaces migreront sans doute du hover au tapotement.

C’est sans doute une bonne chose. Depuis longtemps, les apôtres des bonnes pratiques Web notent qu’il est préférable, pour de nombreux utilisateurs du Web, de ne pas offrir d’information ou d’interaction exclusivement via “:hover” ou autre action qui nécessite l’utilisation de la souris. En effet, certains utilisateurs n’ont pas le contrôle neuro-moteur suffisant pour effectuer des déplacements subtils d’une souris. D’autres, dont la vision ne leur permet pas d’utiliser un écran et une souris, accèdent le Web entièrement avec un clavier et une synthèse vocale.

De nombreux développeurs pour le Web auront déjà pris en compte ces besoins d’accessibilité, mais d’autres auront sans doute eu du mal à voir pourquoi il faudrait “amputer leur design” pour un petit pourcentage d’utilisateurs aux handicaps divers. La prolifération des interfaces tactiles change la donne. Elle apporte avec elle une nouvelle démographie “handicapée de la souris”: un public souvent jeune, assez riche et prêt à adopter les nouvelles technologies. Et cela change tout.

5 opinions

  1. David Rollert 2 Sep 2010

    Back in New York in 1985, I conducted usability tests for an early touchscreen ATM (automated cash machine). The bank was absolutely panicked, since they had been very successful with their old machines. So, they ordered up a “quantitative” usability study. I personally watched over 200 people use a mock-up in our extensive lab, which looked exactly like a real bank.

    The results were stunning. Everybody loved the touchscreen. No one had a problem using it – even though, at the time, most of them had never seen a touchscreen before. The machines were rolled out, were enormously successful, and the user interface (though heavily refined) is largely the same 25 years later.

    Parenthetically, there was a problem: The big, bright, colour screen could be glimpsed from the side. People were not worried about security, but about privacy: they didn’t want people to glimpse their bank balances, and (even more) they didn’t want to see other people’s balances! I thought at the time that it was basically the nude beach issue: Americans are embarrassed by their own nudity, and even more so by other peoples’.

  2. Excellente observation, et même remarque pour les événements gérés par onrightclick ainsi que les hover.

    On n’a pas fini de rigoler, si on recommence à ne plus compter que sur le clic :)

  3. Very interesting article. Most interesting to me is that this is the first time one of my photos has been used on a site I wasn’t running. Somewhat exciting. Thanks!

  4. It’s a gorgeous shot. Thanks for making it available under a Creative Commons license!

  5. [...] My latest piece in the Pheromone Lab looks at touch devices, their rising popularity and what it means for Web design and accessibility. [...]

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