Olivier Théreaux Olivier Théreaux 29 Apr 2010

La moribonde métaphore du site Web

Une discussion dans l’équipe de Pheromone sur les réflexions de Steve Jobs sur Flash a amené une intéressante question: est-ce que Jobs est en train de nous dire qu’il ne faut plus faire de sites web, mais uniquement des applis iPhone™?

Oui, et non.

Le web comme ecosystème d’information n’est pas en danger.

Les technologies du web ne sont pas en danger (au contraire – le même Steve Jobs par exemple se gargarise des technologies ouvertes du W3C comme HTML5 ou CSS).

Par contre, le paradigme du “site” web, comme espace où l’on se déplace, lui, est je crois moribond. C’est un changement important qui voit son origine, entre autres, dans l’apparition des mobiles.

Note: an english version of this post is also available: The Web Site: a moribund metaphor.

Avant l’arrivée de l’internet mobile (laptops, smartphones, netbooks, tablettes), notre perception est que l’ordinateur nous transportait vers l’internet. D’ou la métaphore: site, navigateur, “aller sur yahoo”. Métaphore qui existait aussi avec les premiers systèmes de réalité virtuelle. Métaphore qui nous a donné geocities: souvenez vous! geocities etait plein de quartiers virtuels…

Avec l’arrivée du wi-fi, de la connectivité fiable sur les réseaux téléphoniques cellulaires, c’est tout le contraire.

Nous sommes tout le temps en déplacement, donc nous n’allons plus sur le web, c’est le web qui se déplace avec nous. Et comme le web et ses informations sont disponibles tout le temps, les personnes veulent des réponses immédiates (ici et maintenant) à leur besoin.

D’où l’émergence d’une nouvelle métaphore et une nouvelle économie autour:

Exit geocities et le “site” web. Entrent en scène les services ubiquitaires, adaptés à des besoins précis. Pour l’instant sous la forme d’applis et/ou de widgets, mais la forme n’est pas fixée. L’avenir nous dira si Apple réussira son pari de dominance, ou si la fragmentation du marché des “app stores” tuera ce modèle, comme semble le croire des gens comme PPK. Mon pari, par contre, c’est que le “changement de paradigme” (buzzword alert!) du site Web au service web est durable.

2 opinions

  1. [...] In Society, Tech on April 29th, 2010 at 12:39 Note: this is an english adaptation of an article originally posted on the Pheromone Lab by yours [...]

  2. Bon, nous allons tirer des plans sur la comète évidemment, mais je ne sais vraiment pas si tu peux sauter d’une conclusion à l’autre aussi vite.

    Ce qui est sûr, c’est que les services web sont une nouveauté qui va devenir pérenne, et qui vont faire définitivement partie de “l’écosystème” du web.

    Ce qui l’est moins, c’est que de là tu sautes à la métaphore moribonde du site web : je n’ai pas idée des différences de volumes dans les flux entrants/sortants dans les sites web par opposition aux flux liés aux services web, mais en revanche je crois que le site web ne périclite pas. Il ne remplit simplement pas le même usage.

    Dans le cas d’une très grosse majorité d’usagers, y compris mobiles, l’usage des services reste ponctuel et/ou intéressé au contexte, mais la lecture des sites reste une très grosse partie de l’activité des utilisateurs.

    Après, si c’est juste le terme de “site” qui te fait dire ça, alors je ne suis pas choqué. On peut aussi bien les appeler des “livres en devenir”, des “îlots de connaissances hyperliés avec le reste du monde”, etc.

    (je suis un peu confus ce soir, du coup je ne sais pas si j’arriv à faire passer ce que je veux dire)

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