Comment une compagnie peut-elle être et rester innovatrice sur la durée? La plupart échoue – sombrant dans une bureaucratie qui beugle à ses employés “soyez créatifs”; d’autres se contente d’embaucher des créatifs, les essorer, jeter, et en embaucher de nouveaux. Et ceux qui font autrement?
An english version of this post, called Three Innovation Models, is available on my personal blog.
Suivant le modèle de McKnight et 3M, google donne a ses employés 20% de leur temps pour expérimenter sur des projets de leur choix. Les projets les plus prometteurs deviennent des projets officiels – le reste est une formation utile. Intéressant aussi est le facteur de pollinisation et de compétition entre les différents projets: les employés sont tenus de présenter aux autres leur travail, et une saine (?) émulation compétitive les pousse à faire de leur mieux.
J’ignore si la plupart des googlers sont sous pression de livrer un volume de travail de 5 jours en 4, s’ils font leurs 20% en heures supplémentaires, ou si ce sanctuaire est effectivement respecté.
Stefan Sagmeister
A la tête d’une agence de design (produits physiques, videos, etc) Sagmeister a décidé de donner à toute l’agence une année sabbatique tous les 7 ans. Il utilise cette année pour voyager, jouer avec des idées, lancer des prototypes sans la pression de livrer.
J’ignore si Sagmeister paye l’année sabbatique de son staff, ou si le staff va travailler ailleurs pendant 1 an…
Ferran Adria et El Bulli
El bulli, l’un des restaurants les plus courus au monde, n’ouvre ses portes que 6 mois par an. Les 6 autres mois, Adria et son équipe se retranchent dans leur laboratoire pour préparer le menu de la prochaine saison. Les reservations sont généralement toutes remplies en l’espace d’une journée.
Hélas, il semble que le restaurant aux 3 étoiles Michelin ferme… faute de profits. Ou pour se réinventer?
Investir dans le temps
Les points communs? Ils investissent dans le temps – en donnant à leurs employés une chance de sortir du pilon quotidien de la production pour expérimenter. La seule différence est sur le ratio et la fréquence de ce « temps libre »: 1 an tous les 7 ans… 6 mois par an… ou 1 jour par semaine?
Tags: berkun, bulli, experimentation, google, innovation, mcknight, Recherche, research, sagmeister
À propos de Google, il y a un article très intéressant par un employé de Google, Brad Fitzpatrick. Le temps libre de Google n’est pas si libre que cela, pas par volonté de l’entreprise mais parce que les développeurs travaillent parfois sur des sujets intéressants.
L’innovation parfois se résume à juste avoir des projets intéressants au sein de l’entreprise pour lesquels les gens sont fiers de travailler. Si les développeurs (ou autres d’ailleurs) sont là en partie pour travailler sur des projets parce qu’il faut manger, ou parce que les circonstances économiques font que l’on a pas le choix de tous les projets, il semble intéressant de donner la possibilité de pouvoir hacker.
Une résistance que l’on rencontre souvent aussi est le désir de réussir mais de penser que l’entreprise où l’on travaille ne doit pas bénéficier de notre talent. Cela révèle d’une ambiguïté subtile entre indépendance et intérêt pour notre entreprise.
Dans un autre cadre légèrement différent mélangeant intérêts de l’entreprise et bien être des employés, ce week-end, j’ai discuté avec un employé de Ubisoft qui me disait qu’entre deux longs projets de développement, les employés étaient payés en pouvant travailler pour des organismes humanitaires, par exemple. À vérifier cependant.
[...] version française de cet article, intitulée Trois modèles d’innovation, est disponible sur le Pheromone [...]